Un même principe, deux façons de chauffer
Une pompe à chaleur aérothermique prélève des calories dans l’air extérieur grâce à un fluide frigorigène, puis les restitue à l’intérieur du logement. Ce qui distingue les deux familles, c’est ce qui reçoit cette chaleur.
- Air/eau : la chaleur passe à l’eau du circuit de chauffage, qui alimente des radiateurs ou un plancher chauffant. Selon le modèle, l’appareil produit aussi l’eau chaude sanitaire.
- Air/air : la chaleur est soufflée directement dans les pièces par des unités intérieures, murales, consoles ou gainable. La plupart des modèles sont réversibles et rafraîchissent en été. Elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire.
Le choix part donc d’une question simple : votre logement possède-t-il un circuit de chauffage à eau ?
Quand la pompe à chaleur air/eau s’impose
La PAC air/eau est la solution courante pour remplacer une chaudière au fioul ou au gaz. Elle se raccorde aux radiateurs existants ou au plancher chauffant et peut reprendre la production d’eau chaude.
Elle demande une étude préalable. L’installateur calcule les déperditions du logement pour fixer la puissance, puis vérifie que les émetteurs en place conviennent. Une pompe à chaleur travaille dans de meilleures conditions quand l’eau de chauffage circule à basse température. Un plancher chauffant ou des radiateurs dimensionnés pour la basse température lui conviennent bien. Avec d’anciens radiateurs prévus pour une eau très chaude, il faut parfois en remplacer une partie ou choisir un modèle adapté.
Les points à faire préciser dans le devis
- la puissance, calculée à partir d’une étude des déperditions ;
- la compatibilité avec les radiateurs ou le plancher existants ;
- la production d’eau chaude sanitaire, ou non ;
- l’emplacement et le niveau sonore du groupe extérieur ;
- la dépose de l’ancienne chaudière et les travaux annexes.
Quand la pompe à chaleur air/air est pertinente
La PAC air/air, aussi appelée climatisation réversible, convient aux logements sans circuit de chauffage à eau : maison chauffée par des convecteurs électriques, appartement, extension, ou quelques pièces seulement. Sa pose ne touche à aucune installation hydraulique.
Elle a ses limites. Elle ne chauffe que les pièces équipées d’une unité intérieure, ou desservies par des gaines dans le cas d’un gainable. L’eau chaude sanitaire reste à produire par un autre appareil, par exemple un chauffe-eau thermodynamique.
Mono-split ou multi-split
Un mono-split relie un groupe extérieur à une seule unité intérieure. Un multi-split en alimente plusieurs. Le nombre d’unités intérieures pèse directement sur le prix.
Prix indicatifs
Il n’existe pas de grille officielle des prix. Les fourchettes ci-dessous sont des moyennes nationales relevées en 2026 sur des comparateurs et guides de travaux, pose comprise et avant aides. Seul un devis établi après visite fixe le prix réel.
| Équipement | Fourchette nationale indicative, posé |
|---|---|
| PAC air/eau | 8 500 à 18 000 € |
| PAC air/air mono-split | 2 000 à 4 000 € |
| PAC air/air multi-split | 3 500 à 15 000 € |
Pour le multi-split, l’écart tient surtout au nombre d’unités intérieures. Pour la PAC air/eau, la puissance, la production d’eau chaude et les travaux annexes, comme la dépose de la chaudière ou l’adaptation des radiateurs, font varier le total.
Des aides très différentes
C’est souvent ce point qui fait pencher la balance. Les deux familles ne sont pas traitées de la même façon par les dispositifs publics.
| Dispositif | PAC air/eau | PAC air/air |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov’, parcours par geste | Éligible | Non éligible |
| Coup de pouce Chauffage | Visée, en remplacement d’une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz | Non visée |
| TVA à 5,5 % | Applicable sous conditions d’efficacité | Applicable depuis juillet 2026, sous conditions techniques |
Le parcours par geste de MaPrimeRénov’ finance la PAC air/eau, pas la PAC air/air. Le Coup de pouce Chauffage vise la PAC air/eau quand elle remplace une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz.
Pour la PAC air/air, le taux réduit de TVA est la nouveauté de l’année, à la suite d’un arrêté du 13 juillet 2026. Il ne vaut que pour les appareils réversibles fixes qui remplissent des critères précis, fixés à l’article 30-0 D ter de l’annexe IV du CGI. Jusqu’à 12 kW, l’appareil doit être classé au moins A++ en mono-split ou A+ en multi-split, en chaud comme en froid. Il doit aussi être connectable à un réseau numérique pour piloter la température, et son fluide frigorigène doit être conforme à la réglementation européenne. Une climatisation d’entrée de gamme ou non connectée reste au taux normal ou intermédiaire.
Selon des guides spécialisés, la PAC air/air peut aussi être financée par une prime CEE standard, hors Coup de pouce, ou dans le cadre d’une rénovation d’ampleur. Ces points se vérifient au cas par cas.
Dans tous les cas, les aides exigent un installateur qualifié RGE. Avant de signer, faites le point sur votre situation avec un conseiller France Rénov’.
Une exigence commune : l’attestation de capacité
Les PAC air/air et les PAC air/eau bi-bloc comportent des liaisons frigorifiques entre le groupe extérieur et l’unité intérieure. Leur pose et leur maintenance exigent une entreprise titulaire d’une attestation de capacité pour la manipulation des fluides frigorigènes (article R543-99 du Code de l’environnement). Cette attestation est distincte de la qualification RGE, qui conditionne les aides.
En résumé
- Radiateurs à eau ou plancher chauffant, chaudière à remplacer : la PAC air/eau est la réponse habituelle.
- Pas de circuit à eau, quelques pièces à chauffer, besoin de rafraîchir l’été : la PAC air/air est à étudier.
- Dans les deux cas : étude de puissance, plusieurs devis détaillés et vérification de la qualification de l’entreprise.